Alerte Orange
Dès 9h du matin, le CPR, le Centre de Prévention des Risques, vient de vous avertir de l’arrivée d’un impayé dans une semaine. Heureusement, une équipe de psychologues sera là pour vous épauler et passer ce moment difficile.
Quelques heures plus tard, l’IDPP, l’Institut de Détection du Personnel Douteux, vous signale que le comptable que vous prévoyez de recruter va avoir une dépression dans 18 mois. Ouf, il est temps pour vous d’arrêter le processus de recrutement et de trouver un collaborateur plus fiable.
L’après midi, vous recevez un sms du PDS, le Pôle de Développement Stratégique. Depuis plus d’un an, vous cherchez à conquérir de nouveaux marchés à l’étranger, mais vos concurrents vous bloquent dans votre stratégie. Ce n’est plus un problème car le PDS a réussi à faire interner les dirigeants de votre principal concurrent : la voie est enfin libre pour avancer.
La journée s’achève enfin. Demain matin, comme tous les jours, des fonctionnaires du Ministère du Contrôle et de la Suppression des Risques seront là pour vous aider à passer une bonne journée : ils vous informeront sur les contrats qui seront signés, ceux qui ne le seront pas, sur le nombre d’impayés que vous allez recevoir, les marchés que vous allez perdre, le nombre de collaborateurs absents dans les 6 prochains mois, les actions de vos concurrents… Ouf, grâce à eux, vous allez pouvoir garder le contrôle.
Bien sûr, tout cela n’est qu’une fable, un rêve pour les uns ou un cauchemar pour les autres. Pourtant, la réalité n’est pas si loin. N’est ce pas ce que beaucoup d’entre nous demandons à l’Etat, à Météo France, à la DDE, aux institutions dès qu’un événement imprévu bouleverse notre quotidien et échappe à notre contrôle ? Le point commun entre cette histoire et les récents événements climatiques de ce mois de décembre 2010, c’est que c’est toujours la faute des autres. Dans l’entreprise comme dans la vie de tous les jours, il serait peut être temps de se poser cette question redoutable : de quoi suis-je responsable dans ce qui m’arrive ? Si nous ne pouvons pas changer certains événements, nous pouvons changer notre regard sur ces événements. Et si le début de la sagesse était d’essayer de trouver un sens positif à ce qui nous arrive ? Tout simplement pour reprendre en main les rênes de sa propre vie.
Alors couvrez vous bien, la neige revient et il va faire froid…
Philippe Baran
