Stabilité dans la tempête
Je souhaite vous livrer la réflexion d’un homme au palmarès édifiant, Olivier KRUMBHOLZ, entraineur de l’équipe de France féminine de Handball depuis 1998 qui a animé une conférence à l’EM Lyon le 10 Mai 2012.
Le célèbre entraineur revenait sur la finale du championnat du monde en Croatie en décembre 2003, entre la France et la Hongrie. Bref rappel des faits :
Il reste sept minutes à jouer dans le temps réglementaire. La cause est entendue : la Hongrie mène de sept buts. Les françaises jettent leurs dernières forces et remontent le score. Une faute grossière d’une joueuse hongroise donne le penalty de l’égalisation et permet à l’équipe de France de jouer les prolongations où elle va s’imposer 28 à 26.
Les images témoignent de l’intensité du moment : Finale en images
Que dit Olivier KRUMBHOLZ ? « Je voulais jouer le match jusqu’au bout… je voulais éviter la stratégie du désespoir car nous étions au bord de la défaite et les joueuses étaient prêtes à faire n’importe quoi…». « J’ai réussi à apporter de la stabilité ». « Il ne fallait pas changer de dispositif, mais changer les comportements à l’intérieur du dispositif… ».
Cela fait écho également avec l’expérience de négociation très tendue que relate Philippe KORDA dans son livre « Vendre et défendre ses marges ». Où son ancien patron négocie un contrat d’approvisionnement d’emballage face aux représentants d’un puissant groupe pétrolier. Ceux ci mettent abusivement en scène des problèmes de qualité sur les bidons d’huile livrés par cet industriel pour peser favorablement dès le démarrage de la négociation. Cet épisode illustre le conseil de Philippe KORDA en négociation : « toujours faire ce qui était prévu ». Ce qui a permis d’éviter à l’équipe de négociateurs de sombrer dans la panique.
Cela fait écho avec ce que nous vivons avec les leaders que nous accompagnons en coaching et qui se questionnent sur le comportement à tenir quand les enjeux provoquent des tensions extrêmes chez eux comme chez leurs équipes.
De toute évidence ce conseil est plus facile à dire qu’à tenir. Quand la tension est extrême, les émotions sont présentes. La peur est une émotion puissante, qui prend rapidement le pouvoir.
C’est ce que nous travaillons avec les dirigeants, en coaching, comme en formation : Comment être au clair avec nos émotions et nos peurs ? Comment prendre conscience de l’impact de son comportement de leader dans les moments de tension et de crise ?
Quand Olivier KRUMBHOLZ a évoqué le management par l’émotion, il a confessé : « je suis un grand malade qui s’est soigné », tant il était connu pour ses colères manifestées pendant et en dehors des parquets.
Ce qui renforce chez moi, la conviction que développement personnel du dirigeant et leadership sont indissociables.
Pierre-Yves HOSTIN

En tant que dirigeant, nous sommes très exposés en terme d’image : Communication institutionnelle, site internet, communication interne… mais aussi photos dans la presse, vidéos, etc…
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